Le Cameroun en 1987

Les principaux dirigeants

Fonction Titulaire Depuis   Fonction Titulaire Depuis
Président de la République Paul BIYA 1982   Président Assemblée nationale Solomon TANDENG MUNA
1973
Président Conseil économique et social Luc AYANG 1984   Président de la Cour suprême Marcel NGUINI
1972
Chef d'état-major de l'armée Pierre SEMENGUE 1983        

Politique

Biya : "Quand on veut gagner de l'argent, on ne devient pas fonctionnaire!"

Le président BIYA parle peu à la presse. Il parle très peu à la presse locale. Au cours d'une interview accordée à Eric Chinjé de la télévision nationale, le Président a parlé des pots de vin et de la difficulté de les traquer, des détournements de deniers publics, de la relance de l'agriculture, de la création de nouveaux organismes (Crédit Agricole, Haute Autorité de la Fonction publique).

 

S'agissant des nombreux "millionnaires" que l'on trouve parmi les fonctionnaires, le chef de l'Etat a dit que : "quand on veut gagner de l’argent, beaucoup d’argent, ce n’est pas la Fonction publique qui est la meilleure voie."

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Extrait du verbatim de l'interview de Paul Biya par Eric Chinje en 1987
Extrait du verbatim de l'interview de Pa
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Parti unique, candidats multiples

A l'occasion des municipales qui se sont déroulées en Octobre, le RDPC a expérimenté la multiplicité des candidatures. 29 listes se sont disputées 196 communes.

Paul BIYA dévoile sa pensée politique

Le Président de la république, Paul BIYA a publié "Pour le libéralisme communautaire", un livre qui dévoile sa pensée politique.


Economie

Paul BIYA : "Nous n'irons pas au FMI..."

Paul Biya en conférence de presse
Paul Biya en conférence de presse

Le Cameroun est plongé, depuis 2 ans dans une grave crise économique. Les produits de rente (cacao, café, coton) ont subi une détérioration de près de 65% de leur valeur sur le marché international pendant que le pétrole voyait son prix chuter.

Si le président Biya a décidé de réduire le train de vie de l'Etat, il a réitéré, le 20 juin dernier, devant les députés, son refus de se soumettre u FMI. "Nous n'irons pas au FMI" a déclaré le Président Biya.

"...et on va serrer, très fort, la ceinture!"

Le président Biya a annoncé un plan de rigueur visant la réduction du train de vie de l’État a été adopté qui se concrétise par :

  • la suspension de l’aide aux entreprises publiques dont la restructuration et la privatisation sont envisagées,
  • la baisse des budgets consacrés à soutenir la production agricole,
  • le gel des salaires et des recrutements dans la fonction publique,
  • la limitation des investissements publics qui passent de 695 milliards de FCFA en 1986-1987 à 283 milliards en 1987-1988 (l'éducation et la santé sont très touchées par ces mesures avec, notamment, la fermeture des écoles de formation des personnels de santé).
  • la réduction du nombre de fonctionnaires
  • la suppression des avantages des fonctionnaires.

"...mais la crise est sévère!"

Le Cameroun est entré dans la plus grande crise économique de sa jeune histoire.

La faute à une conjoncture économique internationale défavorable :

  • baisse de moitié du prix du pétrole en 1986
  • baisse de production des puits pétroliers. De 722 milliards de FCFA en 1984/1985, les recettes pétrolières ont chuté à 419 milliards de francs l’année suivante et à 233 milliards en 1987-1988.
  • dépréciation de 40% du dollar par rapport au franc CFA, intervenue au même moment, aggravé par le fait que toutes les recettes d’exportation du Cameroun étant alors libellées en dollars.
  • diminution des prix sur le marché mondial du cacao, du café, du coton et du caoutchouc. En trois ans, les recettes totales du pays ont chuté de 29%. En deux ans, la baisse de ses termes de l’échange a été de près de 40% et de 50% pour certains biens.

La faute, aussi, à des facteurs internes largement responsables de la crise :

L'Antilope aux trousses des faux agents de l'Etat

Parmi les mesures énoncées pour réduire le train de vie de l'Etat figure la maitrise des effectifs de la Fonction publique.

Le Gouvernement a, pour ce faire, lancé, cette année, l'Antilope, l'Application nationale des traitements informatiques et logistiques des personnels de l’Etat dont le  but d’assainir le fichier solde des personnels de l’Etat par l’identification et la radiation des fonctionnaires fictifs et la mise à la retraite systématique des personnels atteints par la limite d’âge.

Evolution du nombre de fonctionnaires entre 1984 et 1987
Evolution du nombre de fonctionnaires entre 1984 et 1987

Traitement spécial pour le Ministère des P & T

L’État a décidé d'octroyer au ministère des Postes et Télécommunications (MINPTT), une autonomie financière. Cette décision, qui vise à renforcer les moyens d'action de ce ministère, est contenue dans la loi N°87/021 du 17/12/1987 portant création du  budget annexe des Postes et Télécommunications.


Education


Société

Deux hôpitaux généraux ouverts à Douala et Yaoundé

Deux hôpitaux généraux, dotés chacun de 310 lits et de nombreux services et spécialités, ont été construits à Douala et Yaoundé, avec l'aide de la France et de la Belgique. Un décret du Président de la république signé fin décembre vient de leur donner une existence légale.

L'ouverture de ces formations hospitalières de ponte devrait permettre au Cameroun de diminuer le nombre d'évacuations sanitaires vers l'Europe et l'Amérique. Pour la seule France, en 1985, les évacuations sanitaires ont couté au Cameroun, la somme de 450 millions de francs CFA.

Pour completer votre information


Culture

La réserve de faune du Dja entre dans le patrimoine mondial

La réserve de faune du Dja a été inscrite dans le "Patrimoine mondial de l'Unesco". Créée en 1950, elle constitue l'une des forets humides les plus denses, les plus vastes et les mieux protégées du monde. Pratiquement entourée par le fleuve Dja, elle s'étend sur près de 5000 km2.

Riche pour sa biodiversité, elle abrite une centaine d'espèces de mammifères (dont certaines en voie de disparition. 

Pour rappel, "Le patrimoine mondial ou patrimoine mondial de l'UNESCO désigne un ensemble de biens culturels et naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité, actualisé chaque année depuis 1978 par le comité du patrimoine mondial de l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), une institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies".

Les sites inscrits au patrimoine mondial bénéficient d’une sauvegarde internationale et font généralement l'objet d'une exploitation touristique mettant en avant ce classement.